Introduction
Page d'accueil Annexe 1 - Inventaires Annexe 2 - Les différentes étapes du développement du geste graphique Annexe 3 - Tableau indicatif des différentes méthodes utilisées avec liens vers les pages concernées Les auteurs et concepteurs

 

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Sommaire

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Préambule

A. QUELLES QUESTIONS POSER ?
 1. Des questions faisant appel au sens
2. Des questions provoquant des prises de conscience de la qualité du trait
3. Des questions se rapportant aux couleurs utilisées
4. Des questions se rapportant aux techniques utilisées

B. A QUEL MOMENT L'ENSEIGNANT DOIT-IL POSER CES QUESTIONS?

C. VALORISATION DES PRODUCTIONS ENFANTINES

D. EVALUATION

Remarques

 


Préambule

La question qui revient sans cesse à nous, éducateurs, est la suivante : "Comment allier le respect de l'expression enfantine et son enrichissement ou son épanouissement?"

Dans certaines classes, les dessins appelés "libres" sont d'une grande pauvreté. Dans d'autres classes, ces mêmes dessins d'expression libre sont riches en couleurs, en graphismes plus ou moins organisés, en thèmes,… Ce constat nous amène à rechercher les liens entre les possibilités d'expression ou de création d'un enfant et son environnement scolaire.

Ces créations s'épanouissent surtout dans les classes qui développent des projets. La pédagogie du projet enrichit les productions enfantines par l'interdisciplinarité qu'elle développe, qui donne du sens aux apprentissages et assure une cohérence. L'enfant est acteur et participe au développement du projet. Ce faisant, il enrichit aussi son projet personnel. Il est guidé par un questionnement qui provoque des prises de conscience.

 

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A. QUELLES QUESTIONS POSER ?

 1. Des questions faisant appel au sens

"Qu'as-tu dessiné? qui as-tu dessiné?" Il va sans dire que les questions se rapportant au sens ne peuvent être posées qu'aux élèves dont le dessin a atteint le stade représentatif. Il est inutile de poser cette question aux élèves de 2 ou 3 ans dont la liaison des fonctions motrice, perceptive et représentative n'est pas faite, ou aux élèves qui bien qu'ayant atteint le stade figuratif, ont plaisir à revenir a un stade antérieur ou à explorer l'espace graphique.


Les questions posées provoquent des prises de conscience et suscitent la verbalisation. De ce fait, le dessin s'enrichit d'éléments nouveaux. L'enfant est valorisé. C'est une pédagogie de la réussite qui épanouit le jeune enfant et l'encourage à surmonter les obstacles inhérents à tout apprentissage.

Généralement à la question posée "Qu'as-tu dessiné ?", le jeune enfant de 3 ou 4 ans répond par une énumération verbale. Aux éléments graphiques juxtaposés correspond une énumération verbale (ex. : "le papa, la maison, la fleur, le soleil...").

Puis apparaît le stade de l'interprétation (ex. : "maman est au travail, maman pleure").
Plusieurs questions peuvent être posées en encourageant l'enfant à inventer des récits en section de Moyens.

Des histoires sont imaginées n'ayant souvent aucun lien avec la réalité. C'est l'âge de la fabulation. L'institutrice peu valoriser cette création verbale en aidant l'enfant à la structurer et en l'écrivant : c'est la dictée à l'adulte. Le langage oral complète le dessin et participe à son enrichissement.

Progressivement, les éléments graphiques ne sont plus juxtaposés dans n'importe quel ordre. Ils sont orientés. Des rapports s'établissent entre les notions de dedans et dehors, de plus haut et plus bas, des rapports d'inclusion, de grandeur et de causalité apparaissent. Des liens graphiques apparaissent entre les divers objets évoqués. Les questions posées peuvent se rapporter à la prise de conscience de ces différents rapports et à leur explicitation.

En section de grands, les questions qui enrichissent le dessin sont celles qui provoquent une observation des objets représentés (ex. : le personnage, les animaux sont observés dans leurs différentes attitudes), et dans leurs différentes orientations : de face, de profil. Les costumes intéressent vivement l'enfant de 6 ans; une imagination graphique débordante caractérise certains dessins. L'enfant se plaît à inventer et à répéter des graphismes géométriques, notamment dans la décoration des thèmes représentés.

En section de grands et au CP, les dessins sont étroitement liés au projet pédagogique développé dans la classe. Ils s'enrichissent d'éléments nouveaux grâce aux connaissances nouvelles acquises par les élèves. L'outil scripteur est choisi en fonction du message à transmettre.
Des situations d'observation du réel accroissent le nombre des détails et leur réalisation se précise en s'orientant dans l'espace. Le conte, tout en stimulant l'imagination et en répondant au besoin magique du jeune enfant, enrichit les productions graphiques. (cf.: annexe "Projet").

 
2. Des questions provoquant des prises de conscience
de la qualité du trait

Cette qualité du trait dépend de la façon dont l'enfant tient l'outil scripteur, de la façon dont il est assis face au plan de travail, de la qualité de l'outil scripteur et du support. Apprendre à bien tenir l'outil scripteur, apprendre à bien s'asseoir sont des apprentissages indispensables trop souvent oubliés. Savoir reconnaître le bon outil du mauvais est un apprentissage à assurer.

 
3. Des questions se rapportant aux couleurs utilisées

Faire préciser aux jeunes élèves les couleurs utilisées dans leur dessin spontané est un excellent exercice de discrimination des perceptions visuelles et de verbalisation.
Proposer aux élèves une palette de couleurs de plus en plus riches, variées dans leurs nuances, dans leur complémentarité. Faire participer les élèves à la préparation des couleurs utilisées en peinture, sort d'excellents exercices.
Ces précisions peuvent être sollicitées lors du dialogue individuel établi par la maîtresse avec chacun des élèves, mais aussi lors des regroupements.

 
4. Des questions se rapportant aux techniques utilisées

Faire préciser aux élèves les outils scripteurs utilisés, les supports choisis, les gestes à faire avec tel outil scripteur, avec tel support, permet à l'enfant de mieux maîtriser la technique utilisée et d'apprendre à la manipuler avec plus de dextérité. Le geste graphique s'affine. Ce stade précède généralement celui ou l'enfant choisira la technique en fonction du projet qu'il veut réaliser. Apprendre aux élève un grand nombre de techniques d'expression graphique est un objectif à poursuivre au cycles I et II. Mais il ne doit pas étouffer l'acte créatif.

Très vite l'enfant devra être entraîné à choisir la technique en fonction du thème qu'il souhaite exprimer ou du projet qu'il développe ; des tâtonnements seront nécessaires, des essais seront faits, des échecs seront constatés, mais des réussites surgiront également.

 

 

 

 

 

 

 

 

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B. A QUEL MOMENT L'ENSEIGNANT DOIT-IL POSER CES QUESTIONS?

Afin de permettre à l'enfant d'exprimer ce qu'il porte en lui, nombreux sont les enseignants qui laissent l'enfant "démarrer" seul, afin de respecter son inspiration ; ils n'interviennent pas souvent, ils sont avares de parole.
Ils savent poser la question au moment où l'enfant est réceptif, au moment où il intégrera les données nouvelles pour compléter ou enrichir le travail commencé.

 

 C. VALORISATION DES PRODUCTIONS ENFANTINES

Une étape indispensable de l'acte créatif est le commentaire suscité par l'enseignant en petit ou en grand groupe. L'auteur présente son travail, les autres élèves expriment leur avis selon des critères définis avec l'enseignant (projet personnel, qualité du trait, utilisation de l'espace, couleurs utilisées, technique graphique employée…). La production est exposée. L'enfant est valorisé et reconnu.

 

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D. EVALUATION

Etre capable de présenter ses réalisations.

Exprimer ses préférences par rapport :

au choix des couleurs

à la technique utilisée

à l'outil scripteur

ux matériaux utilisés

etc.

Etre capable de commenter sa production graphique en fonction d’un projet personnel ou du projet du groupe...

 


Le dessin est une expression privilégiée du jeune enfant, il est certes un témoignage authentique du jeune élève mais aussi un révélateur privilégié de la qualité des relations vécues par lui dans son milieu familial et scolaire et de la qualité des situations d'apprentissage dans lesquelles il a évolué. L'enfant ne s'exprime que dans un climat de confiance et de compréhension créé par l'enseignant. Il est encouragé par l'exposition de ses différents travaux.

 

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Remarques

Dès l'entrée à l'Ecole Maternelle les jeunes enfants découvrent des outils scripteurs et les utilisent avec plaisir, car laisser des traces sur des supports divers est pour eux un des moyens de s'affirmer.

Les outils proposés sont d'abord ceux qui produisent une belle trace bien visible et colorée, qui résistent aux gestes encore maladroits, saccadés ou crispés et qui facilitent une bonne prise manuelle.

Progressivement les outils utilisés par les enfants peuvent être plus fins, moins résistants, de plus en plus délicats et difficiles à utiliser, nécessitant un geste plus mesuré, plus contrôlé, une prise plus distale et permettant d'obtenir des tracés de plus en plus fins et miniaturisés.

Les supports seront tout d'abord de grande dimension afin d'entraîner les enfants à des gestes larges et épanouis. Ils devront aussi faciliter le glissement de l'outil et ne pas opposer trop de résistance. Puis peu à peu la dimension de la feuille se rapetisse puisqu'un contrôle kinesthésique et perceptif est possible et le grain du support peut varier, en allant vers une rugosité plus importante nécessitant alors une pression plus forte et appuyée.

L'introduction progressive de nouveaux outils, de nouveaux supports et produits entraîne le renouvellement de l'intérêt chez les enfants et motive fortement la recherche et l'apprentissage de techniques nouvelles. Malgré l'adaptation nécessaire et l'effort à fournir, ils demandent tous à passer à l'atelier pour s'y exercer et apprendre.

Grâce à ces différentes techniques, les créations enfantines s'enrichissent et se diversifient. Des variantes sont parfois trouvées par les enfants eux-mêmes, soit sous l'effet du hasard, soit de façon intentionnelle après une recherche en petit ou plus grand groupe.

Une    connaissance suffisante de techniques, produits, outils, supports et démarches utilisés, permet aux enfants à un moment donné, mais guère avant la section de grands, de choisir celle qui permet de traduire au mieux un effet souhaité, une ambiance ressentie ou une perception reçue.

Certaines techniques graphiques sont utilisées dans toutes les sections, d'autres conviennent mieux aux "petits", certaines autres plutôt aux "moyens", et un certain nombre d'entre elles ne peuvent être réalisées qu'avec les "grands".

Un tableau indicatif  (Annexe 3) permet de situer les techniques par rapport aux possibilités réelles du plus grand nombre des enfants. Chaque enseignant reste toutefois libre d'organiser le travail selon des objectifs qu'il se fixe en fonction des besoins ressentis au niveau des enfants de la classe.

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Tous droits réservés : juin 1999